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31.01.2008

sur les îles

Lorsque Manon renpat commença à chanter son charme naturel agit encore plus sur le nouveau venu. Elle était sans contexte la créature de ses rêves, une des jeunes filles parmi les plus ravissantes qu'il eût jamais vue. Sa grâce timide, le rose qui lui montait encore aux joues le fascinèrent et lui firent oublier le cadre médiocre du café concert.

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tome 2

J., très émue, s'était avancée sous les acclamations, au bras de son père, fier et heureux. Par cette journée figée par le froid, les gens pourtant sortaient sur les portes, attirés en curieux par cette noce qui se déroulait à une période de l’année si surprenante et avec un tel panache; des jeunes couraient, des enfants criaient des taquineries et des saluts.

‑ Vive la mariée !

J. éprouvait le vertige devant tant de visages illuminés.

‑ Qu'est‑ce que cette magnifique noce ? demanda un client au sabotier.

‑ La J. P. épouse un américain. Paraît qu'il est riche.

‑ Oh sûr qu'il doit avoir des moyens.

Le repas débuta dans une bonne humeur spontanée et bien vite la fête battit son plein. J., câline, posa un moment sa joue sur la solide poitrine d'A.. Pourtant, mortifiée par l'attitude d'A. au cours de la cérémonie, elle lui en voulait un peu. Elle revoyait l'église décorée et toute résonnante sous la musique solennelle de l'harmonium. Derrière elle, la rumeur de la foule curieuse et émerveillée montait. Au début, pour une fois grave et attentif, A. lui avait passé l'anneau au doigt. Après, il avait montré un air trop impatient à son goût. Il trouvait les chants et surtout le sermon trop longs.

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30.01.2008

symboles du silence

Un silence aussi suspect, dans "l'imposture", semble envahir Paris, la nuit :
"La ville, écrasée tout le jour par un brouillard impitoyable... se détendait ainsi qu'un animal fabuleux, grondait plus doucement, tâtait l'ombre avec un désir envieux ".

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tome 3

L. avait enfin un petit travail, mais, quand il était saoul, il faisait brûler des billets de banque et demandait ensuite de l'argent à A. qui le faisait plus ou moins vivre. Le samedi, il venait voir sa fille, la peur dans le ventre, parce qu'il devinait la présence ironique de M. et d'A. bien que celui-ci se retirât toujours. Pourtant, M. parfois venait au-devant de lui, ne le fuyait plus. Elle décida même de lui rendre plus souvent visite à Oakland, sans attendre Noël, date à laquelle elle lui menait généralement ses deux filles. Trouverait-il en lui de quoi la consoler ?...

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tome 1 Emigration

     La moisson terminée, le blé acheminé au moulin, les fermiers s'occupaient maintenant des vignes. Le père s'était laissé fléchir par sa femme, mais, fidèle à un destin stable et rangé, il désapprouvait cette folie d'un gosse qui s'imaginait en permanence être mieux là où il n'habitait pas.
     - Un jour, nos enfants ne s'exprimeront plus dans la même langue que nous, ils auront honte de la famille.
     - Pourtant il lutta courageusement pour réunir la somme nécessaire au voyage. Il avait accepté d vendre quelques bêtes. Le prix de la traversée ne put, hélas ! être dépassé. Au bout d'un mois, P., découragé avoua à ses fils :
     - Voilà, c'est tout ce que je possède. Je vous le donne. Malheureusement, ajouta-t-il à regret, vous ne serez pas capables d'en économiser autant. Si vous ne réussissez pas à gagner votre pain là-bas, je n'aurai plus rien à vous offrir.
     - Avec le temps je parviendrai à faire fortune, vous verrez. Dans quelques années nous en reparlerons.
     A. abolissait le sens de la durée, la distance entre le désir et la possession. Il réclamait le changement comme une nouriture jamais assez relevée. Désarmé devant tant d'assurance, P. ne savait trop que dire. Le pauvre homme ne gardait que 20 sous pour la ferme et ses autres gamins.

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29.01.2008

sur les îles

Elle faisait vibrer, elle donnait un supplément d'âme aux misérables. Même la naïveté due à son âge encore tendre la rendait irrésistiblement séduisante...

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littérature; écriture; tome 2

      J., de son côté, resplendissante de bonheur, s'admirait, complice pour une fois, sans honte, sans inquiétude, de son double dans le miroir.

‑ Que tu es belle ! lui dit sincèrement . Tes yeux sous ton voile sont mystérieux et brillants comme des étoiles.

Les charrettes, les voitures des invités commençaient à s'aligner dans la cour de la maison de M. en ce 26 décembre 1894. P, en tenue de demoiselle d'honneur, organisa le cortège avec des gens un peu raides dans leur costume inhabituel. A., fermant la marche, donnait le bras à la M., il était le seul à ne pas sembler emprunté.

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28.01.2008

littérature; Oeuvres commentées; symboles du silence

Le bruit lui-même peut donc traduire le silence, non seulement celui de la nature, mais toute manifestation positive du silence, qu'elle soit pure ou impure. parmi les oeuvres de Bernanos, c'est dans " M. Ouine" que l'on trouve la meilleure définition de ce silence dont la petite chambre du professeur st imprégné :
" silence qui paraît n'absorber que la part plus grossière du bruit, donne l'illusion d'une espèce de transparence sonore ".

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littérature; écriture; tome 3

 

- Mais, bien sûr qu'ils l'ont, répondit Antoine amusé, qui ôta pour lui sourire, les lunettes qu'il avait dû se mettre _ porter. Au C., ils sont en retard parce qu'ils sont loin du bourg. J. a dû intervenir et acheter des actions pour qu'ils acceptent d'ajouter une ligne.
      - Je désire revoir la France, rétorqua M. boudeuse.
     - Oui, mais si nous allons en France, j'ai peur que tu n'aies plus le courage de revenir.
     M. ne répondit pas.
     - Ta maladie, c'est dans ta tête, tu te fais des idées, dit-il soudain en claquant la porte.
     Ce fut le premier différent notoire entre les deux époux.

     - Elle est dépressive, avait conclu le docteur. Le passé est profondément enraciné dans le coeur humain. Vous ne regrettez jamais votre pays?

     - Mais enfin, une femme n'est jamais heureuse! s'alarmait A.. Ici, elle a tout ce qu'elle veut.

     Le coeur d'A. se serra brusquement à la pensée de tous les malentendus qui pouvaient séparer deux êtres. Il savait déjà que la maladie qui rongeait M. défigurerait leur existence, de la même manière que la jalousie avait transformé J.. La vie est un éternel recommencement.

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littérature; écriture; tome 1 émigration

Esquissant un sourire elle lui caressa la joue, tentant d'accrocher le dernier lien affectueux qui retenait l'adolescent. A. se dégagea doucement, fâché sans doute par cette tentative de rapprochement.
- Si, mère, très loin de G.
- Où donc iras-tu ? soupira-t-elle avec tristesse.
- Au-delà des mers, en Amérique, avec J.B..
- En Amérique !
M. qui remplissait les clapiers d'herbe se redressa, indignée.
- Mais c'est même pas en France, ça !
- Non, mère, de l'autre côté de la terre. Il y fait bon vivre, affirma-t-il d'une voix persuasive.
Encore deux de ses enfants qui s'éloignaient. Resterait-elle seule un jour ? Avoir tant travaillé pour acheter des parcelles... Elle fut contrariée par cette faiblesse et secoua son énergie.
- Où que vous alliez, mes petits, le pain ne sera pas plus dur qu'ici.
A., qui avait perçu une émotion dans l'inflexion de la voix, s'approcha d'elle et l'embrassa, sachant bien qu'elle imposait à la maison sa manière de voir.
- Il ne faut pas m'en vouloir... J'ai besoin de vous pour convaincre le père.
- Et quand pensez-vous revenir ?
- Lorsque nous aurons assez d'argent. Il faudra peut-être des années...
Il sembla à M. que l'obscurité, le néant pénétraient dans son âme.
- Sainte Vierge ! Est-ce possible ?

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